"Traces effacées, signes retrouvés", une exposition de l’artiste plasticien CHAÏB Hammouda dit Rabah - Vernissage vendredi 10 avril 2026 à 18h30
Du 10 au 30 avril 2026
En reconstituant des fragments, je cherche à réparer un regard, à réaffirmer l’existence d’une esthétique autre qu’occidentale. La peinture, pour moi n'est pas un simple fait visuel : c'est un acte mental (Cosa mental, affirmait Léonard de Vinci) et méditatif, un espace de silence et de réparation. Elle nourrit l'image intérieure, restaure la continuité et réinvente le visible à partir de la mémoire. Chaib Hammouda dit Rabah
Traces effacées, Signes retrouvés est une traversée du temps par la peinture, une manière d’habiter la mémoire du visible, de redonner souffle aux signes perdus et de rappeler que toute image, avant d’être perçue, est d’abord pensée, la pittura è mentale ou cosa mentale, déclarait Léonard de Vinci. C’est-à- dire que toute forme artistique prendrait d’abord naissance dans l’esprit de celui qui conçoit l’œuvre. Dans cette exposition, Rabeh CHAÏBI propose un parcours à la fois artistique et mémoriel. Son intention est de questionner la disparition des formes la disparition des formes visuelles et symboliques de la culture algérienne. Un effacement lié à la colonisation de peuplement, qui ne s’est pas seulement emparée du territoire, mais a cherché à anéantir les signes d’une civilisation.
À travers une installation, des fragments de signes et des lambeaux verticaux (symbolisant les cicatrices de l’histoire), l’artiste tente de reconstituer un langage pictural enraciné dans les arts autochtones et spirituels, un langage qui affirme la possibilité d’un art venant d’autres sources ancestrales qu’occidentale. L’exposition s’ouvre sur une installation représentant une demeure autochtone bombardée. Ce n’est pas une scène spectaculaire, mais une archéologie intime, une métaphore condensée de la mémoire brisée. Dans les débris, on devine des fragments de tapis, des pigments, des objets artisanaux, des morceaux de fresques : tout ce qui reste, ce sont des signes dispersés, témoins silencieux d’un monde effacé.
Dans cette démarche, comme un archéologue, l’artiste fouille la mémoire, récolte les indices et tente de retrouver les sources graphiques et picturales qui formaient la sensibilité algérienne avant la rupture coloniale. L’installation n’est donc pas une reconstitution historique, mais une miniature du désastre qui révèle la persistance du beau même dans la ruine. Dans la poussière des pierres, un fragment de couleur suffit à rappeler que la beauté n’a jamais disparu.
