Dans le cadre de la commémoration de la Journée nationale de l’émigration marquant le 65e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961 Hommage à Monique HERVO - Vendredi 16 octobre 2026
Programme de l'événement :
18h30 : Vernissage de l'exposition de photographies prises par Monique HERVO
Vente-dédicace du livre Monique Hervo, une mémoire en partage de Mehdi LALLAOUI, édité par l’Association Au Nom de la Mémoire
19h30 : Projection du documentaire Monique H, Nanterre 1961, de Mehdi LALLAOUI
20h30 : Rencontre-débat avec Mehdi LALLAOUI et Saâdi CHIKHI, scénographe et commissaire de l’exposition
Le Centre Culturel Algérien et l’Association Au nom de la Mémoire rendent hommage à la militante Monique HERVO (1929–2023), à travers une exposition de quarante photographies saisies par Monique HERVO, la projection du documentaire Monique H, Nanterre 1961 (52mn) de Mehdi LALLAOUI et une rencontre-débat avec Mehdi LALLAOUI et Saâdi CHIKHI, suivie d’une vente-dédicace de l’ouvrage Monique Hervo, une mémoire en partage.
La militante et écrivaine Monique HERVO, est décédée le 20 mars 2023, à l’âge de 95 ans à Nanterre. Algérienne depuis 2018, convertie à l’Islam, elle a été inhumée en Algérie, au cimetière d'El Alia. Ayant vécu plus de dix ans dans les bidonvilles de Nanterre, Monique HERVO a assisté à la répression et aux massacres d'algériens lors des manifestations pacifiques du 17 octobre 1961. Elle a témoigné, en 1999, contre le tristement célèbre Maurice Papon, alors préfet de police de Paris, dans l'affaire l'opposant à l'historien Jean-Luc Einaudi.
La militante a décrit la souffrance des algériens qui vivaient dans le bidonville de la Folie, à Nanterre, dans un livre coécrit avec Marie-Ange Charras, intitulé Bidonvilles : l'enlisement, publié en 1971, et Chroniques du bidonville : Nanterre en guerre d'Algérie, 1959-1962, Éditions du Seuil, Paris, 2001. Elle est l’autrice de plusieurs écrits et ouvrages sur ce sujet qui était sa raison d’être en tant que militante anticolonialiste. Née le 5 janvier 1929, fille unique, très tôt, à l’âge de 16 ans, Monique Hervo est déjà engagée pour accueillir les survivants de la Seconde Guerre mondiale 39/45. Inscrite à l’École des beaux-arts de Paris, elle découvre, à la lecture d’un journal, un incendie qui a fait beaucoup de victimes dans le bidonville de la Folie à Nanterre.
Une humaniste française, une militante universelle, une algérienne convaincue
La tragédie de l'émigration algérienne en France
Cet événement, conçu en hommage, est développé essentiellement pour faire connaître, apprécier et comprendre la pensée et les engagements de Monique HERVO, mais surtout, comme elle l'espérait tant, susciter une prise de conscience de l'opinion publique et des responsables politiques pour endosser et se consacrer aux problèmes sociaux et culturels et aux besoins élémentaires des démunis et des mal-logés. En 1959, en pleine guerre d'Algérie et en plein mouvement migratoire, venant de plusieurs pays, d'Algérie en plus grand nombre, Monique Hervo, une très jeune femme d'exception, engagée déjà dans plusieurs mouvements et organes sociaux et dans plusieurs combats, puis militante au SCI (Service Civil International), décide de s'installer au milieu du bidonville de Nanterre, appelé la FOLIE. Elle y vit, pour apporter de l'aide aux familles des travailleurs émigrés (alphabétisation des adultes, courrier, soutien scolaire aux enfants, administratif, social, sanitaire et même à la construction de barraques...). La rencontre de Monique Hervo avec les compagnons de GANDHI va être décisive dans sa trajectoire.
- Elle dira : Être aux côtés des algériens par une vie partagée, sans apporter mes bagages d'occidentale, va prouver ma solidarité, tel est mon choix.
L’exposition est surtout un témoignage historique et mémoriel sur l'émigration algérienne en France et sur un épisode tragique de l'humanité au milieu du 20e siècle, en France alors quatrième puissance mondiale et pendant les 30 glorieuses. Le travail photographique de Monique HERVO se réalise dans la technique de l'argentique et du noir et blanc, même quand la couleur et les nouvelles techniques apparaissent dans les années 1960. La scénographie de l'exposition de ces photos, exceptionnelles, se veut en alternance entre ces deux dessins, pour éviter que le désordre étourdissant ne submerge l'esthétique et que l'émotion envahissante n'anesthésie la réflexion. Extrait du texte de Saâdi CHIKHI, scénographe et commissaire de l’exposition
