Projection de Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) - Lundi 12 octobre 2026 à 19h30
Dans le cadre de la célébration de La Journée nationale de la diplomatie algérienne, marquant l’anniversaire de l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation des Nations unies, le 8 octobre 1962
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Suivie d’un débat en présence du réalisateur
Avec la participation de :
Benjamin STORA, historien, écrivain et conseiller historique du film
Naoufel BRAHIMI EL-MILI, politologue et écrivain
Vente-dédicace des ouvrages :
France/Algérie. Anatomie d’une déchirure, de Thomas SNEGAROFF et Benjamin STORA (Éditions Les Arènes, 2025)
Les Algériens en France : une histoire de générations, Benjamin STORA et Nicolas Le SCANFF
(Éditions La Découverte, 2024)
La diplomatie algérienne, une histoire et une vocation
Comment rapprocher des positions lorsque le dialogue semble impossible ? Comment créer un espace de négociation lorsque les intérêts divergent ? De l’Afrique australe à la Palestine, du Moyen-Orient au Sahel, la diplomatie algérienne s’est illustrée par son engagement en faveur du dialogue, de la médiation et de la recherche de solutions politiques aux crises. Une plongée dans une histoire où Alger s’est, à plusieurs reprises, imposée comme un lieu de rencontre et de dialogue.
L’art de négocier d’égal à égal avec les grandes puissances, en Algérie, ne date pas d’hier. Deux siècles avant notre ère déjà, le roi numide Massinissa savait tenir tête à Carthage tout en cultivant une alliance avec Rome — un jeu d’équilibre que son petit-fils Jugurtha poursuivra à sa manière, allant jusqu’à porter sa cause devant le Sénat romain.
Bien plus tard, du XVIe siècle au début du XIXe siècle, Alger frappe sa propre monnaie, arbore son pavillon en Méditerranée et entretient des relations diplomatiques avec les principales puissances de son temps. Des représentants de France, d’Angleterre, de Suède, des États-Unis et d’autres États y sont reçus. Alger négocie alors en tant que puissance souveraine, dans un environnement méditerranéen où les rapports de force imposent déjà l’art du compromis, de l’alliance et de la négociation.
Cette histoire connaît, avec l’indépendance de l’Algérie, une nouvelle et singulière expression.
Dans les années 1960 et 1970, Alger devient une terre d’accueil et de solidarité pour les mouvements engagés dans les luttes de libération nationale et contre l’apartheid. L’Algérie apporte son soutien politique et matériel à de nombreux mouvements de libération, notamment en Afrique, et fait de sa capitale un espace de rencontre entre des représentants de peuples encore engagés dans leur combat pour l’indépendance.
En 1973, Alger accueille le sommet des pays non alignés. L’année suivante, l’Algérie porte à la tribune des Nations unies la voix des pays nouvellement indépendants et des pays du Sud, en plaidant pour un ordre économique international plus juste. Mais la diplomatie algérienne ne se limite ni aux grands rassemblements ni aux tribunes internationales. Elle s’exerce également dans la discrétion des négociations, lorsqu’il s’agit de rapprocher des positions, de rétablir un dialogue ou de rechercher une issue politique à une crise.
Dans les années 1970, l’Algérie joue ainsi un rôle dans les processus qui accompagnent la décolonisation des territoires portugais et accueille des échanges liés à l’accession à l’indépendance de plusieurs d’entre eux, notamment l’Angola et le Mozambique.
En 1975, Alger contribue également à la conclusion de l’accord entre l’Iran et l’Irak destiné à régler leur différend frontalier. Quelques années plus tard, en 1980-1981, la diplomatie algérienne est sollicitée pour servir d’intermédiaire entre les États-Unis et l’Iran dans la crise des otages de Téhéran. Les Déclarations d’Alger de janvier 1981 conduisent à la libération des 52 otages américains.
En 1988, c’est au Palais des Nations d’Alger que le Conseil national palestinien proclame l’indépendance de l’État de Palestine.
En 2000, l’Algérie accueille les négociations qui conduisent à l’accord mettant fin aux hostilités entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Puis, en 2015, elle accueille et conduit, dans le cadre du processus d’Alger, les négociations entre le gouvernement malien et les mouvements armés du nord du Mali, qui aboutissent à la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.
De l’Afrique australe à la Palestine, du Moyen-Orient à la Corne de l’Afrique et jusqu’au Sahel, ces épisodes dessinent une même ligne de continuité.
Ils témoignent d’une diplomatie qui, au fil des décennies, a cherché à faire du dialogue un instrument au service de la souveraineté des États, de la liberté des peuples et de la recherche de solutions politiques aux conflits.
C’est cette histoire que cet événement entend mettre en lumière : une diplomatie qui ne se résume ni aux déclarations ni aux sommets, mais qui s’est aussi construite dans les rencontres, les négociations, les médiations et les compromis.
Une histoire faite de principes, mais aussi de pragmatisme ; d’engagements, mais aussi de dialogue ; une histoire dans laquelle Alger apparaît, à plusieurs reprises, comme un lieu où des acteurs que tout oppose peuvent se retrouver autour d’une table.
C’est cette vocation diplomatique, inscrite dans la longue durée et renouvelée à chaque génération, que nous vous invitons à découvrir.
